Avoir un enfant

La grossesse

La grossesse est un état normal mais différent.

La femme doit pouvoir :
- S'adapter à son état.
- Contrôler et comprendre ce qui se passe.
- Préparer son accouchement et la prise en charge de l'enfant.

Des dispositions sociales sont prévues pour la femme enceinte.

Le corps médical la conseille et assure la sécurité de sa grossesse et de son accouchement.

Le développement de l'oeuf et de l'utérus

LE DEVELOPPEMENT DE L'ŒUF

Le 1er mois, formation de l'embryon.
Lors de la fécondation dans la trompe, un spermatozoïde pénètre dans l'ovule, et une cellule se forme associant les chromosomes paternels et maternels. Selon que le spermatozoïde est " mâle " ou " femelle ", cet œuf donnera un garçon ou une fille. A mesure que l'œuf parcourt la trompe, son nombre de cellules augmente par divisions successives, et quand il nide dans l'utérus, au bout de quatre jours, il a l'aspect d'une petite mûre d'environ 1/10ème de mm. Dès lors, ses cellules commencent à se différencier : les périphériques, plus petites, formeront le placenta, les cellules centrales, plus grosses, formeront l'embryon, tandis qu'apparaît une cavité contenant du liquide. A la fin du 1er mois, l'embryon mesure 5 mm.

Les 2ème et 3ème mois, les organes se différencient.
L'embryon prend un aspect humain. C'est au cours du 3ème mois que les organes sexuels prendront leur orientation définitive. Jusque-là coexistait les organes mâle et femelle : le testicule embryonnaire secrète une substance qui atrophie les structures femelles, tandis que se développent les structures mâles. S'il n'y a pas de testicules, les organes femelles (trompes, utérus) se développent, les structures mâles disparaissent. C'est aussi hélas, pendant cette période que se créent la plupart des malformations.

À la fin du 3ème mois, le fœtus mesure 10cm :
l'échographie montre les battements cardiaques ainsi que les mouvements de l'enfant, que vous ne sentez pas encore.

Les deux derniers trimestres, les différents organes " mûrissent " et deviennent progressivement aptes à la vie autonome. L'enfant est relié au placenta par le cordon ombilical ; le placenta accolé à l'utérus, est un organe très complexe : il fabrique des hormones en grande quantité, qui assurent le bon déroulement de la grossesse. Il évacue vers le sang maternel les " déchets " d'origine fœtale. Surtout, il puise dans les vaisseaux de l'utérus les éléments dont l'enfant a besoin et notamment l'oxygène. On comprend toute l'importance pour l'enfant de l'intégrité et de la vascularisation utérine.

À la fin du 5ème mois, votre enfant pèse 500gr et mesure 25cm.

À la fin du 9ème mois, il pèse environ 3,5 kg et mesure 50cm.

CROISSANCE DE L'UTERUS

À 4 mois 1/2, le fond utérin est au niveau de l'ombilic.

À terme, la hauteur utérine atteint 33cm.

Votre corps change

La prise de poids est variable d'une femme à l'autre. En moyenne, elle est faible le premier trimestre, d'environ 1kg par mois au cours du 2ème , et de 2kg par mois pendant le 3ème. Elle n'est que très partiellement liée à la croissance de l'enfant. L'eau contenue dans l'organisme, et notamment la masse liquidienne circulant dans les vaisseaux, augmente considérablement. Le cœur et les reins doivent fournir un surcroît de travail. Le psychisme change aussi, pour des raisons hormonales, mais aussi pour des raisons purement psychologiques : modification de l'image corporelle, problèmes posés par l'accouchement, par la modification de la cellule familiale. Tout cela peut se traduire par des changements "d'humeur", "de goût", du sommeil, parfois de la sexualité.

VOUS DEVEZ VOUS ADAPTER

Une alimentation normale, diversifiée, bien équilibrée assure généralement les besoins de votre enfant, sauf si vous appartenez à certains groupes à risque. Votre médecin vous le dira alors. Tous les régimes restrictifs systématiques, en particulier les régimes sans sel sont non seulement injustifiés, mais potentiellement dangereux. L'appétit étant modifié, il faut adapter l'alimentation à la courbe de poids.

Activités, sport : Durant une grossesse normale vous pouvez garder une activité physique raisonnable. Mieux, les sports non violents (natation, gymnastique, etc.…) sont conseillés. Vous le sentirez, votre organisme est simplement plus fatigable. Gardez vous donc des excès qui pourraient provoquer des contractions, surtout au cours du dernier trimestre (voyages en voiture longs ou fréquents).

Vêtements : l'essentiel est qu'ils vous permettent de vous sentir bien.

Surveillance médicale de la grossesse : les moyens

L'examen gynécologique : Indispensable il permet
  - un bilan général de la santé de la mère,
  - la surveillance de la croissance du bébé de sa vitalité, de sa position,
  - la recherche des signes évocateurs d'une menace pour le bon déroulement de la grossesse.

Au cours des consultations, les échanges femmes-époux (ou compagnon) et accoucheur sont indispensables mais le médecin dispose de différentes techniques qui apportent des précisions supplémentaires.

L'échographie : Désormais bien connue, elle permet par réflexion des ultrasons, l'étude de l'image de l'enfant en mouvement. Une image qui peut être photographiée ou enregistrée en vidéo. A tous les stades de la grossesse les renseignements apportés sont importants. L'échographie permet de vérifier qu'il n' y a pas de problème et de détecter à temps les grossesses doubles ou multiples et les éventuelles anomalies. La répétition de l'examen autorise la surveillance de la croissance du ou des bébés.

Le doppler : Foeto-placentaire peut compléter l'échographie en permettant d'affirmer l'analyse de certains organes (cœur) et surtout l'étude des échanges foeto-maternels, notamment en cas de retard de croissance.

Le monitorage obstétrical : Il permet d'étudier en fin de grossesse ou en cours de travail les fluctuations du rythme cardiaque de l'enfant. But : éviter la souffrance intra-utérine du bébé. Il permet également de préciser l'existence, le rythme et l'amplitude des contractions utérines.

La radiographie : Elle est aujourd'hui surtout utile pour mesurer le bassin (radiopelvimétrie).

Dépistage sanguin de la Trisomie 21 : Afin de faire reculer le risque de mettre au monde un enfant Trisomique, la Clinique collabore depuis sa création en partenariat avec l’unique laboratoire d’analyses autorisé sur le département pour le dépistage sanguin de la Trisomie 21.

Les problèmes :

Diverses affections peuvent être dangereuses pour la mère ou plus souvent pour l'enfant, par exemple :
Certaines maladies de la mère : l'hypertension artérielle, le diabète, l'anémie, les cardiopathies, les néphropathies.
Certaines circonstances en cours de grossesse imposent un avis médical : En particulier, il faudrait consulter en cas de : contractions utérines fréquentes (plus de 10 par 24h) ou douloureuses, perte de sang - perte des eaux, disparition des mouvements du bébé depuis 12h, fièvre à partir de 38°C.
Certaines infections :la rubéole, la toxoplasmose, la listériose, les infections urinaires.
Les incompatibilités sanguines : type Rhésus (mère RH-, père RH+)
L'accouchement prématuré
Le dépassement de terme
L'hémorragie
Les anomalies fœtales : de constitution, de croissance

Ces problèmes seront dépistés et traités lors des visites prénatales.

Le soutien psychologique :

Au cours de la grossesse de leur femme, les maris peuvent connaître des difficultés, voire des symptômes, tels que prise de poids, douleurs abdominales… et, en tout cas, ils connaissent assez souvent une certaine anxiété. La grossesse modifie le psychisme et le comportement de leur femme et le leur, les relations du couple sont différentes, les relations avec les enfants précédents peuvent s’avérer différentes aussi.
Afin de les aider durant cette période, un psychologue propose d’ouvrir un espace de parole où ils pourront parler de ces difficultés, de leur anxiété, échanger entre eux sur ce moment particulier de leur vie. Deux fois par mois, ils pourront venir de manière anonyme et gratuite se rencontrer pour essayer de comprendre ensemble et atténuer ces malaises. Il ne s’agit pas pour autant d’une prise en charge psychologique qui doit avoir lieu de manière individuelle.
Ces réunions ont lieu le premier et troisième mardi de chaque mois (sauf pendant les vacances scolaires) de 19 heures à 20 heures à la salle de formation de la Clinique.

Le calendrier des examens

La sécurité sociale rend obligatoires les examens cliniques suivants :
1er examen avant la fin du 3ème mois.
Puis au cours du 4ème, 5ème, 6ème, 7ème, 8ème, 9ème, mois.
Ainsi que la réalisation d'examens laboratoires systématiques (rubéole, toxoplasmose, syphilis, anticorps irréguliers, groupe sanguin, antigène HBs, numération globulaire).

Dès le début de la grossesse… Il faudra rassembler systématiquement les éléments de surveillance, de risque et de pronostic de la grossesse :
Antécédents personnels et familiaux
Age maternel, facteurs de risques professionnels
Etude de l'œuf : grossesse unique ou multiple, terme exact de la grossesse
à 5 semaines, l'œuf mesure 20mm.
à 6 semaines, le cœur de l'embryon bat 140 fois par minute
échographie de 12ème semaine. Evaluation du risque de trisomie21 (mongolisme) par dosage de marqueurs dans le sang maternel.

Au début du 5ème mois La morphologie fœtale peut être étudiée par l'échographie morphologique.

A chaque examen On vérifiera la bonne santé maternelle, la croissance fœtale, on dépistera les facteurs de risques de prématurité, ou de pathologie foeto-maternelle (œdème et prise de poids).

Au cours du dernier trimestre On évaluera de plus les conditions et le mode d'accouchement : biométrie fœtale, bassin et filière génitale maternelle, présentation fœtale (céphalique, siège). Pour votre sécurité, une consultation d'anesthésie est obligatoire en vue d'une péridurale ou de tout autre mode d'anesthésie lors de l'accouchement. Elle a lieu au cours du dernier trimestre de grossesse.

Les petits malaises sont fréquents mais heureusement pas constants…

Les vomissements du premier trimestre. Bien que très fréquents, les vomissements et nausées du premier trimestre de la grossesse ne sont pas obligatoires et presque la moitié des femmes n'en souffrent pas. Le plus souvent, ils s'atténuent spontanément avec divers traitements simples ; parfois ils nécessitent une hospitalisation en clinique. Heureusement, ils disparaissent en général au 3ème mois.

Les brûlures oesophagiennes. Les hormones de grossesse, la pression abdominale permettent aux sécrétions acides de l'estomac de remonter dans l'œsophage. Ces brûlures œsophagiennes sont fréquentes en fin de grossesse. Il existe des protecteurs très efficaces de la muqueuse.

Pollakiurie, symptômes urinaires. La vessie est comprimée par l'utérus ; les mictions sont plus fréquentes. Il est banal de se lever plusieurs fois la nuit. Il faut se méfier cependant des envies fréquentes d'uriner qui peuvent survenir brusquement en cours de grossesse ; elles peuvent traduire un début d'infection urinaire.

Insomnie, angoisse, fatigabilité. Alors qu'au début de la grossesse, vous êtes souvent somnolente (c'est presque un signe de grossesse), vous avez souvent des difficultés de sommeil en vous rapprochant du terme. N'hésitez pas à en parler. Il y a des solutions qui ne passent pas par des thérapeutiques agressives.

Les varices, les hémorroïdes. Les varices s'accentuent souvent pendant la grossesse. Les veino-toniques peuvent limiter leur importance et la gêne qu'elles entraînent. Le port de collants à varices peut être utile. Les varices vont régresser dans les 4 mois qui suivent l'accouchement, permettant alors bilan et traitement éventuel des lésions résiduelles. Il en est de même des hémorroïdes qui peuvent, en fin de grossesse et dans les jours qui suivent l'accouchement, présenter des poussées douloureuses invalidantes, d'autant qu'elles se superposent aux douleurs de l'éventuelle épisiotomie. Elles sont accessibles aux veino-toniques à forte dose et au traitement local.

Les crampes. Elles sont fréquentes en fin de grossesse et réagissent bien aux traitements par le magnésium, le potassium ou la vitamine B.

Les pesanteurs pelviennes, les lombalgies, les sciatiques. Elles sont liées aux modifications de la statique vertébrale chez les femmes enceintes. Une bonne position si vous travaillez assise, ne pas surcharger votre colonne en grossissant trop, une gymnastique appropriée, le magnésium, les vitamines B pourront être utilisés mais aussi le port d'une ceinture de maintien adaptée à la grossesse sera efficace.

Le tabac et la grossesse :

La consommation de tabac chez la femme enceinte entraîne des conséquences néfastes sur le bébé qui a plus de risque de naître prématurément et d’avoir un poids de naissance plus faible.
Afin d’éviter les risques liés au tabac, il est fortement recommandé d’arrêter de fumer avant la grossesse.

Si vous avez besoin d’aide, vous pouvez vous adresser à :

- Votre médecin traitant

- Votre pharmacien

- Centre d’Aide au Sevrage Tabagique
Association d’Hygiène Sociale de la Sarthe

92-94, rue Molière – 72000 LE MANS
02.43.50.32.43

- Institut Régional pour la Santé (IRSA)
50, rue de la Blanchisserie – 72000 LE MANS
02.43.39.14.00

- Aide au Sevrage tabagique
Centre Hospitalier du Mans

194, avenue Rubillard – 72037 LE MANS Cédex
02.43.43.43.45

- Tabac Info Service
0 803.309.310

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